lundi 2 juin 2014

Déclaration commune sur l'armement de la police, une campagne d'opinion urgente et importante lancée ce 1er juin 2014 (pétition en ligne).





Bonjour,
Soyez parmi les premiers à signer la Déclaration commune
sur l'armement de la police, une campagne d'opinion urgente et importante lancée ce 1er juin 2014. 


Merci d'avance pour votre solidarité.




Voici plus bas le texte complet de cette pétition qui sera adressée :


1 - Au Président de la République française, au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, au président du Conseil d'État,  pour mettre fin à la généralisation et à la banalisation de l'emploi du flash-ball lanceur de balles cinétiques, notamment dans le maintien de l'ordre des rassemblements publics et des manifestations.

2 - Aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, aux présidents de groupes parlementaires et aux présidents des Commissions des Lois, pour que soient ouvertes des Commissions ou des missions d'enquêtes parlementaires sur l'armement de la police et son usage.

3 – À Madame le garde des Sceaux, ministre de la justice, messieurs les Procureurs de la République, aux membres du Conseil supérieur de la magistrature, au président de la Cour de Cassation, au président de la Cour européenne des Droits de l'homme, au président de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU, pour que soient reconnues les responsabilités pénales et civiles des forces de l'ordre auteurs d'infirmités permanentes (agents exécutant et leurs chaines de commandements, y compris les responsables politiques).

Pour signer, voici un lien à cliquer ici (si le lien ne fonctionne pas, recopiez et collez-le dans votre barre de navigation) :


Pour le recueil de signatures d'organisations et de personnalités, tous renseignements à : <armement-police@numericable.fr>





Déjà plus d'une trentaine de mutilations constatées, ayant provoqué des infirmités permanentes de la vision,
causées par le nouveau flash ball Lanceur de balles cinétiques de la police française, depuis son introduction en 2007.
« Est-il possible que nous vivions dans un pays où l'on peut mutiler un jeune homme pour le seul fait d'avoir manifesté pacifiquement ? Est-il possible que nous vivions dans un pays où la justice refuse de remettre en cause l'utilisation d'armes contre nos enfants et relaxe le policier tireur ? »

Stéphane HESSEL, co-signataire d'une « Adresse au nouveau président de la République », juin 2012.

Déclaration commune

sur l'armement de la police

Les sous-signé-e-s, parlementaires, élus locaux, citoyens, associations et organisations syndicales,

1 – AFFIRMENT avec force leur inquiétude partagée et leur opposition face à la généralisation et à la banalisation de l'usage de nouvelles armes dangereuses par la police française, et notamment le nouveau flash-ball Lanceur de balle cinétiques (LBD), dont les impacts peuvent causer la mort ou des infirmités permanentes graves, telles que la perte de la vision, et dont la visée électronique permet de ne pas manquer un visage, s'il est ciblé volontairement, ce qui juridiquement constitue un crime, selon les articles 222-9 et 222-10 du Code pénal ;

2 – CONSTATENT que cette arme s'est généralisée, sans étude administrative transparente ni débat public, par le Ministère de l'Intérieur, à l'époque administré par messieurs Sarkozy et Guéant, d'abord contre les jeunes des banlieues puis progressivement à terme contre tous les citoyens non armés, allant jusqu'à viser passants, syndicalistes et journalistes ;

3 – DÉNONCENT notamment l'équipement en LBD de la force publique lors de manifestations revendicatives sur la voie publique, parce que cette menace armée viole les droits fondamentaux constitutionnels à manifester collectivement son opinion sans être mis en danger. Parce que son usage impropre au maintien de l'ordre peut causer un facteur de panique, de provocations à la violence et de vengeances extra-judiciaires, et enfin parce qu'il instaure une nouvelle doctrine policière implicite qui n'est plus celle, républicaine, du moindre mal, mais celle de la peur et de l'usage illégitime de la violence ;

4 – DÉCLARENT rester réuni-e-s pour interpeller les pouvoirs publics sur l'état et l'emploi des forces de l'ordre en France, leur doctrine, leur encadrement légal, leurs équipements, leurs moyens budgétaires et les affectations, leurs formations, leurs expérimentations des armements au sein de la police scientifique et technique, leurs droits syndicaux et d'expression, leurs pratiques et conduites, leurs évaluations, et bien entendu leur responsabilité pénale et civile ;

5 – S'ENGAGENT à soutenir la création d'une Commission d'enquête parlementaire, ou d'une mission parlementaire, sur l'emploi du LBD et autres armes « à létalité réduite », à la lumière des nombreux cas dramatiques de mutilations au visage survenus ces dernières années : déjà plusieurs dizaines de mutilations du visage connues et répertoriées depuis 2007, et en particulier les quatre pertes définitives de l'usage d'un œil survenues dans la ville de Nantes sur des jeunes gens, dans le cadre de manifestations, l'une le 27 novembre 2007, sur un enfant, et les trois autres le même jour, 22 février 2014 ;

6 – S'ENGAGENT ÉGALEMENT à diffuser, à faire signer la présente déclaration et à faire désormais chaque année de la date du 22 février l'occasion d'initiatives publiques démocratiques décentralisées et coordonnées contre la violence policière, de débats, de concertation et de bilans, pour mettre en œuvre ensemble et mesurer concrètement l'avancée des objectifs de cette déclaration.

Premiers signataires :

Quentin TORSELLI, Damien TESSIER, Emmanuel DERRIEN, blessés à l'oeil suite à des tirs de la police à Nantes le 22 fév. 2014 ; Pierre DOUILLARD-LEFEVRE, blessé à Nantes en manifestation lycéenne le 27 nov. 2007




Pour le recueil de signatures d'organisations et de personnalités, tous renseignements à : <armement-police@numericable.fr>


Pour signer, voici un lien à cliquer ici (si le lien ne fonctionne pas, recopiez et collez-le dans votre barre de navigation) :









mardi 13 mai 2014

Samedi 17 mai à Nantes : Manifestation solidaire contre toutes les répressions.



Manifestation solidaire contre toutes les répressions.
Samedi 17 mai, 15h devant la préfecture à Nantes. 

Affiche17mai2-medium

Alors que de nos jours les mouvements sociaux occupent la rue et l'espace public pour défendre les valeurs de solidarité essentielles que le pouvoir maltraite, nous assistons à la banalisation de l'utilisation systématique de la violence pour réprimer les manifestant-e-s. L'État oppose au droit de manifester un arsenal de réponses répressives, qui mutilent et assassinent les citoyens.

A Nantes le 22 février 2014 alors que 50 000 personnes marchent dans les rues de Nantes pour montrer leur détermination à protéger le bocage nantais face à la politique de bétonnage, la police utilise des armes, dont la dangerosité est avérée par un grand nombre de spécialistes, mutilant gravement des manifestant-e-s, blessant des journalistes et heurtant de plein fouet des familles venues manifester. Cette répression policière est accompagnée par un acharnement judiciaire, un mois après, envoyant un père de famille derrière les barreaux. C'est cette même logique répressive qui s'abat lors de l'expulsion le 6 mai d'un bâtiment occupé par des sans-logis à l'aube, à coup de matraques, blessant deux personnes.

Partout en France la liste des personnes blessées, mutilées et assassinées s'allonge dans une indifférence insupportable.

C'est pourquoi nous marcherons sur les pavés nantais le samedi 17 mai à partir de 15h, au sein d'un cortège unitaire, rassemblant des organisations de Nantes et d'ailleurs, indignées et combatives, pour ne pas se plier à cette violence policière et judiciaire.

Nous défilerons pour tou-te-s les mutilé-e-s qui doivent vivre avec les stigmates de la répression, nous défilerons avec les familles de victimes qui portent en elles la colère de la perte d'un parent, nous défilerons avec les sans-papiers qui sont traqué-e-s et expulsé-e-s violemment et nous marcherons pour les victimes de la justice qui emprisonne des militant-e-s et qui donne carte blanche aux policiers qui mutilent et assassinent.

Nous affirmons que nous ne laisserons jamais ces répressions taire nos combats. Face aux politiques mortifères nous continuerons à occuper les rues.
Face aux armes de la police, nous nous protégerons.

Nous appelons tous les nantais-e-s, toutes les personnes que la violence révolte, tous les militant-e-s qui subissent quotidiennement les répressions policières, tous ceux qui veulent défendre le droit à manifester (et à participer au dialogue social nécessaire à la construction d'une société solidaire), à rejoindre le cortège pour qu'ensemble nous n'ayons plus peur de défiler pour la défense des droits essentiels.

Une conférence de presse se tiendra au bar le Flesselles (3 Allée Flesselles, 44000 Nantes), jeudi 15 mai à 19h.

Signataires de l'appel :
Liste provisoire : Comité de soutien à Enguerrand, Collectif de l'université de Nantes contre l'aéroport, SLB UL-Naoned, Solidaires Étudiant-e-s, Solidaires 44, Collectif de Rezé contre l'aéroport, Front anticapitaliste 44, Alternative libertaire, NPA, Voie Prolétarienne - OCML, Action Antifasciste Nantes, Ensemble, Breizhistance, Assemblée du mouvement anti-aéroport du 6 mai, Groupe Déjacque de la Fédération Anarchiste, Saint-Herblain À Gauche Toute, Parti de Gauche, Collectif Nantais Contre l'Aéroport, Émancipation, La Maison de la Grève...

Comité de soutien à Enguerrand
soutien.enguerrand[@]riseup.net


jeudi 8 mai 2014

Manifestation de solidarité contre la répression A Nantes, samedi 17 mai 2014, 15H, Préfecture

Le 22 février, plus de 50 000 personnes se rassemblaient à Nantes pour la plus grande manifestation du mouvement anti-aéroport. Déclarée illégale par la préfecture, elle s'est rapidement heurtée à un dispositif répressif ahurissant : Des centaines de policiers surarmés encadraient le cortège tandis qu'un immense mur anti-émeute barrait pour la première fois de l'histoire des luttes nantaises le cours des 50 otages. Les politicien-ne-s et leurs médias ont parlé de « saccages » et de « dévastations », déplorant la violence qui s'est exprimée après que certain-e-s manifestant-e-s aient tenté de passer par le parcours prévu initialement.
Cependant, le pouvoir et ses complices se gardent bien de rappeler la férocité extrême de la répression qui s'est abattue sur la manifestation. Le 22 février, des centaines de personnes ont été atteintes par les armes policières. Au moins trois d'entre elles ont perdu l'usage d'un œil suite à des tirs de flashballs. Beaucoup ont respiré des gaz lacrymogènes, été sonnées par des grenades assourdissantes, blessées par des grenades de désencerclement ou repoussées par des canons à eau.

Quelques semaines plus tard, le 31 mars, les médias annonçaient triomphalement un premier « coup de filet » suite aux investigations d'une cellule d'enquête spéciale. Neuf camarades ont été perquisitionnés et arrêtés à l'aube. Deux ont été immédiatement relâchés, l'un d'eux n'était même pas à Nantes le jour de la manifestation. Quatre ont été jugés en comparution immédiate, sans avoir pu préparer leur défense. La lourdeur des condamnations peine à masquer le vide des dossiers - les seuls éléments véritablement à charge étant les aveux des prévenus. Trois d'entre eux ont été condamnés à des peines de prison ferme. Lors de cette parodie de procès, le juge Tchalian n'a pas hésité à doubler les réquisitions du parquet pour jeter notre camarade Enguerrand directement en prison. Un an ferme pour quelques pavés et fumigènes.

La répression policière et judiciaire à laquelle le mouvement contre l'aéroport et son monde a été confronté le 22 février et les semaines qui ont suivies n'a qu'un seul but : terroriser ceux et celles qui se révoltent et entrent en lutte contre l'emprise du capitalisme sur les espaces dans lesquels nous vivons. Il s'agit d'atteindre le mouvement social dans sa chair et dans son âme, d'en mutiler ou d'en emprisonner certain-e-s pour mieux atteindre tou-te-s les autres. Les condamnations et les mutilations du 22 février ne sont pas de simples applications de la loi ou de techniques de maintien de l'ordre : elles sont hautement politiques. Ce véritable terrorisme d'État est un coup de semonce qui exprime clairement ce qui attend ceux et celles qui lui résistent.

Aujourd'hui, ce sont Enguerrand, Quentin, Damien, Emmanuel, Philippe, J. et G. qui sont touchés. Cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous. Le simple fait de participer à une manifestation justifie pour l'État et sa « justice » la perte d'un œil ou l'envoi en taule.

La violence de la répression que nous subissons ne doit en aucun cas entamer notre détermination - nous ne ferions que leur donner raison. Le meilleur soutien que nous puissions apporter à nos camarades blessé-e-s et emprisonné-e-s, c'est bien de continuer le combat. Notre lutte n'a jamais été aussi puissante, et nous n'avons jamais entrevu de si près un avenir libéré du béton. Aujourd'hui plus que jamais, il s'agit de ne rien lâcher contre l'aéroport et le monde qui le produit.

Face au pouvoir assassin qui mutile et emprisonne, nous avons une arme qu'il ne peut pas nous enlever. Dans une lettre datée du 8 avril, Enguerrand déclarait : « La force de la solidarité militante est implacable. » - et de fait, nous lui donnons raison. Les marques de soutien aux blessé-e-s et aux inculpé-e-s de la lutte sont d'ores et déjà nombreuses et disparates, à l'image de la diversité des composantes du mouvement. Le nombre des actions possibles est infini. Organiser un concert ou une collecte pour soutenir matériellement les inculpé-e-s et leurs proches. Appeler à une manifestation (pacifiquement casqués ?) pour exprimer sa révolte face aux crimes policiers. Recouvrir les murs de sa ville de peinture ou d'affiches pour que personne n'ignore ce qu'il se passe ...

Toute initiative est la bienvenue pour apporter un peu de réconfort à nos camarades et rappeler au pouvoir notre rage et notre détermination. Face au silence complice du spectacle médiatique, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour rendre au mot « justice » sa véritable signification. Nous encourageons avec ardeur toute action de solidarité contre la répression du mouvement anti-aéroport - qu'elle soit collective ou individuelle, à Nantes comme ailleurs, aujourd'hui comme toujours.

Pas de justice, pas de paix !
Solidarité avec les blessé-e-s et les inculpé-e-s !
Non à l'aéroport et son monde !

MANIFESTATION
Samedi 17 mai 2014
15h - Préfecture de Nantes

Appel ouvert à tous les collectifs et organisations qui s'y reconnaîtront.

Liste provisoire : Comité de soutien à Enguerrand, Collectif de l'université de Nantes contre l'aéroport, SLB UL-Naoned, Solidaires Étudiant-e-s, ...

Pour écrire au comité de soutien à Enguerrand ou signer cet appel : soutien.enguerrand(AT)riseup.net

dimanche 23 février 2014

Communiqué des organisateurs de la manifestation anti-aéroport du 22 février.



La manifestation d'aujourd'hui a connu une mobilisation inégalée.

520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.

Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C'est le signe d'une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d'autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.

Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s'agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.

Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d'animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation.
Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu'à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d'être visible dans le centre ville. C'est la première fois qu'on interdit à une manifestation d'emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l'île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n'a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu'à la fin.

Il existe différentes manières de s'exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n'est pas étonnant qu'une certaine colère s'exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L'opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'abandonner le projet d'aéroport !




Contacts presse : COPAIN : Jean-François Guitton : 06 78 90 46 04 Coordination : Julien Durand : 06 33 51 01 35 ZAD : Camille : 06 32 98 78 36

dimanche 16 février 2014

« Urgence notre police assassine »

Campagne de communication nationale

« Urgence notre police assassine »



Urgence notre police assassine est tout d'abord un site internet visant à dénoncer l'impunité qui entoure les crimes policiers. Relayant les campagnes d'action menées par différents collectifs engagés contre les crimes policiers et les violences sécuritaires, l'auteure du site, elle-même soeur de victime (son frère a été tué d'une balle dans le dos le 21 avril 2012) a fait l'objet d'une plainte en justice pour oser faire porter la responsabilité à l'institution policières des crimes commis par ses agents. Au delà des innombrables obstacles que rencontre la quête de vérité des familles de victimes, se voir dénigré ou traîné devant les tribunaux après avoir subi la mort d'un proche constitue une ultime offense envers leur dignité et un mépris pour leur désir de justice. De site internet, Urgence notre police assassine est donc devenu un cri de révolte et de ralliement pour toutes les victimes de crimes policiers.

En prévision d'un mois de mars consacré à la visibilisation des crimes policiers et des violences sécuritaires (manifestations) et de son procès le 7 avril au TGI de Paris, Urgence Notre Police Assassine lance une campagne de communication nationale et de sensibilisation.

Nous vous invitons à y participer en collant des stickers « Urgence notre police assassine » dans nos villes et campagnes à travers toute la France. Les personnes qui souhaitent participer peuvent nous laisser une adresse et le nombre de stickers qu'ils souhaitent coller pour que nous puissions leur envoyer tout le nécessaire. Nous invitons également les participants à prendre des photos et à nous les faire parvenir pour faire entendre leur voix et rendre notre campagne plus visible.

"Nous trouverons un chemin ou nous en ouvrirons un »
Hannibal



mardi 21 janvier 2014

31 janvier au Tribunal de Saint-Nazaire : Agression du 13 juin sur la ZAD

Suite à un passage à tabac en règle à Notre-Dame-des-Landes, un militant anti-aéroport appelle à la solidarité par une présence au Tribunal de Saint-Nazaire le 31 janvier 2014.
Soyons en nombre à l'audience pour le soutenir.


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Salut à tous,
Bref rappel des faits:
Le 13 juin 2013, une épaisse fumée noire est visible proche du terrain de moto-cross de Notre Dame des Landes. je décide de m'en approcher afin éventuellement de pouvoir porter secours.
Quatre individus sont présent; je suis roué de coups et menacé de mort prétextant que j'allais «payer pour les autres»…
Cet acte a entrainé 3 passages aux urgences en l'espace de 15 jours.
Deux gendarmes proches du lieu de l'agression ont refusés d'intervenir sous des prétextes qui restent à déterminer.
Suite à une plainte déposée le lendemain, l'affaire sera jugée au tribunal de St-Nazaire le 31 janvier à 14h00.
Seulement 2 des 4 prévenus sont poursuivis.
Claude



Jeudi 23 janvier 2014 : mobilisons-nous au tribunal de Laval !]



JEUDI 23 JANVIER 2014 - TRIBUNAL DE LAVAL
*** RASSEMBLEMENT À 12h ***
SOLIDARITÉ AVEC LES PRÉVENUS DE LA THT
CONTRE LA RÉPRESSION DES MILITANT-E-S
POUR LE REFUS DU FICHAGE ADN


Affiche à imprimer et à diffuser :
http://antitht.noblogs.org/files/2014/01/Affiche-THT-23-01-14-printA4.pdf

Trois Mayennais sont convoqués devant le tribunal de Laval pour refus de
prélèvement ADN. Ils avaient été auditionnés dans un premier temps comme
témoins pour leur participation présumée à une action symbolique
d'opposition à la ligne THT à Montaudin, le 11 Mars 2012, à laquelle
participaient plus de 100 personnes.

Ces trois Mayennais sont ressortis sans aucune poursuite concernant les
"faits" pour lesquels ils avaient été convoqués.
Aujourd'hui, ils sont poursuivis pour avoir refusé les prélèvements
génétiques, et le fichage signalétique.

"Ceux qui négocieraient leur liberté fondamentale contre une sécurité
illusoire ne méritent ni liberté ni sécurité et n'auront ni l'un ni
l'autre." Benjamin Franklin, 1755."

Nous pourrions rappeler les méthodes que Réseau de Transport d'Electricité
a utilisé pour imposer la ligne THT cotentin-maine à la population:
mensonge, intimidation, recours à la force publique, violation de
propriétés... mais la liste serait longue et incomplète.

Quelques mois après la fin du chantier et une mise en service de la ligne
(les travaux ne sont pas terminés à Beaulieu sur Oudon), voici
le temps de la répression.

Le procureur de Laval avait déjà tenté le coup en juillet 2013, en
convoquant 5 militants en justice... Ils ont été relaxés !
(http://percysoustension.pagesperso-orange.fr/epr_et_tht/archives/laval_01.html)

Aujourd'hui, le même procureur mise sur une valeur sûre, le prélèvement
ADN !.. Sûr du fait que nous le refuserions, voilà le beau prétexte pour
nous traîner devant un tribunal.

"Faute de grives, on mange des merles."

De notre côté de 12h à 14h, en attendant l'audience, nous profiterons
d'une cantine prix libre en soutien aux personnes poursuivies devant le
TGI de Laval, place saint Tugal.

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Fond de soutien pour les frais de justice :
Chèque à l'ordre de l'APSAJ – Association pour la solidarité et l'aide
juridique,
APSAJ, 6, cours des alliés, 35000 Rennes
RIB : 42559 00055 41020014732 07
IBAN : FR76 4255 9000 5541 02001473 207/BIC : CCOPFRPPXXX

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dimanche 12 janvier 2014

Sur le droit de manifester en Hollandie

Un témoignage d'un manifestant sur la technique d'encerclement de manif.
Cela s'est passé à Rennes lors de la venue de M. Valls. le Jeudi 9 janvier 2014.

La « garde à vue » préventive : une autre ligne rouge franchie par Valls ?

 
Hier jeudi matin, au bout de 15 années de militantisme en solidarité avec les sans-papiers, j'ai vécu ma première « garde à vue » préventive. Point de menottes ni de barreaux ou de cellule. Une « garde à vue » à ciel ouvert de 3 heures. En pleine rue. Juste en face du bâtiment de Rennes métropole. Pendant une réunion d'un conseil local de sécurité qui réunissait des élu-e-s « socialistes » et leur ministre de l'intérieur.
 
La veille, le ministre avait été chahuté par « la manif pour tous » et, soucieux de sécuriser son périple breton, il avait ordonné : « Je ne veux plus voir aucun manifestant » (Ouest-France). L'ordre est en soi hallucinant mais ses effets ne le furent pas moins.

Hier, le collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes avait décidé d'accompagner Valls durant son périple rennais matinal. Nous étions une quinzaine avec un mégaphone des années 1980 et deux banderoles où l'on pouvait lire : « Régularisation de toutes les personnes sans-papiers » et « Valls dégage ! ». Nous venions exercer notre droit de manifester. On a le droit d'aimer Manuel Valls et de le manifester. Jusqu'à preuve du contraire, on a aussi le droit de ne pas l'aimer et de le manifester. Comme nous l'avons fait des dizaines de fois depuis 15 ans, y compris pour des premiers ministres et d'autres ministres en déplacement. En 2002, nous avions réussi à investir un meeting de l'UMP en présence du premier ministre Raffarin et d'un tas de ministres. On était une cinquantaine, on avait crié 15 secondes « régularisation de toutes les personnes sans-papiers », le SO nous avait sorti-e-s du meeting puis on avait pu manifester pendant 2 heures face à la sortie. Sans « garde à vue », même pas répressive. Je suis sûr que nombre de camarades de l'époque, alors ou aujourd'hui au PS, s'en souviennent.

Hier, nous avions anticipé que les forces de l'ordre chercheraient à nous canaliser ou à nous maintenir à bonne distance du ministre qui, faut-il le rappeler, n'a représenté que 6% des voix aux primaires « socialistes ». Mais pas qu'elles auraient ordre de nous « encager » – selon leur joli terme – à une sortie de métro et d'empêcher tout-e manifestant-e de se déplacer, même pour quitter la manifestation ou aller travailler. Pendant 3 heures, une trentaine de CRS nous encerclaient et entravaient tout déplacement de notre part, même non politique. Jusqu'à ce que le ministre 6% reparte de Rennes et puisse se déplacer sans voir « aucun manifestant ». Comme l'a dit le chef des CRS, nous avons alors été « libérés ».

Nous avons appris que, dans le quartier du Blosne dont le ministre venait inaugurer la transformation en « quartier de sécurité prioritaire », une autre forme de répression a bloqué pendant plus d'une heure des manifestant-e-s mais aussi des habitant-e-s qui voulaient rentrer chez eux. Bloqué en toute sécurité prioritaire du même ministre.

 Bien entendu, les télés ont montré cet homme qui interpellait et venait perturber le ministre par une question-remarque sur Dieudonné. Le ministre s'est arrêté et a répondu – avec beaucoup de mépris – à la personne. Illusion de démocratie et de droit de manifester. Revoyez les images et cherchez les autres, manifestant-e-s et/ou habitant-e-s. Invisibles ? Non, invisibilisé-e-s.

En effet, nous aurions dû être là aussi mais, pendant ce temps, nous étions toujours en « garde à vue » à ciel ouvert à Rennes métropole, loin du Blosne. En « garde à vue » préventive.

Cette « garde à vue » paraîtra anodine pour bien des gens ayant déjà vécu l'expérience de la répression. Ridicule par rapport à tous les visages que peut prendre la forme de la répression. Insignifiante par rapport à la vie réelle des êtres humains pour lesquels nous manifestions. Il n'empêche : je refuse de me résoudre à l'accepter et à la banaliser. Parce que c'était ma première et parce que je ne m'attendais pas à la vivre à cette occasion et, surtout, lors de la visite d'un ministre classé « socialiste ».

 Et puis, il y a tout le reste. Tout ce qui s'est passé autour de cette « garde à vue ».

La rapidité de la répression. Alors que nous avons tou-te-s rejoint le point de rendez-vous prévu à 9 h 15, devant Rennes métropole, et alors que nous entamons un simple déplacement pour emprunter le trottoir d'un boulevard et aller manifester devant la gendarmerie où se trouverait le ministre, trois CRS – puis 30 en deux minutes sortis d'une rue perpendiculaire – nous bloquent au bout de 100 mètres. Menace immédiate d'interpellation si nous ne rebroussons pas chemin. Résistance molle de notre part. Les CRS avancent. Nous reculons.

Le déplacement forcé. Alors que nous avons rejoint notre point initial de rendez-vous, juste devant Rennes métropole, les CRS nous demandent d'aller manifester de l'autre côté du boulevard et de nous cantonner à une autre sortie du métro. Là où on ne peut être vu-e-s. Nous demandons à nous consulter comme nous le faisons à chaque fois. Mais un « cravaté » vient parler au chef des CRS et c'est là que nous entendons « allez, on les encage ». Le chef des CRS donne l'ordre à sa trentaine de CRS de nous pousser jusqu'à l'autre côté du boulevard. Bousculades légères. Les 15 reculent et se retrouvent de l'autre côté du boulevard.

L'encerclement. Les CRS nous coincent alors le long de l'escalier du métro et nous encerclent. Nous demandons à ce qu'on nous laisse au moins une ouverture pour montrer nos banderoles. C'est non. Nous avons juste la possibilité de tendre des tracts aux quelques passant-e-s par-dessus la rampe de l'escalier ou les épaules des CRS. Et, heureusement, nous avons la possibilité de crier. Et nous crions, notamment lorsque nous voyons au loin des journalistes se rendre aux cérémonies (en présence) de Valls.

L'enfermement à ciel ouvert. Quelques-un-e-s parmi nous tentent de sortir du cercle des CRS mais on les repousse. Deux étudiantes demandent à quitter la manifestation pour aller en cours. Refus des CRS. Nous commençons à comprendre que la situation est originale par rapport à d'habitude et que notre collectif n'a jamais vécu cette forme de répression, même sous Sarkozy (nous en avons vécu d'autres cependant).

L'obligation de négocier. Les CRS s'obstinant à refuser toute sortie, même pour les individu-e-s qui souhaitent quitter l'action, nous sommes obligé-e-s de recourir à RG chéri pour les faire évacuer. Celui-ci les accompagne alors jusqu'à la rame de métro et fait de même pour 3 ou 4 d'entre nous. Et puis RG chéri est obligé de partir pour rejoindre le Blosne. Et là, à partir de 11 h et jusqu'à midi 15, plus aucun-e manifestant-e n'aura le droit de quitter le lieu. « Garde à vue » à ciel ouvert donc. Et préventive car nous n'avions rien fait d'autre que vouloir manifester.

Les gros connards. Pas d'autre nom pour ce CRS qui ose dire à la vue de l'une d'entre nous – qui manifeste en chaise roulante parce qu'elle est atteinte d'une maladie qui l'empêche de rester debout plus de 15 minutes – que nous avons même sorti les fauteuils d'handicapés pour les caméras. Pas d'autre nom pour ce même CRS lorsque nous lui demandons de ne pas dire des trucs de ce genre et qui répond, visiblement sûr de son impunité, qu'on a qu'à noter son matricule et porter plainte. 

Pas d'autre nom pour un autre CRS qui – lorsque l'un d'entre nous a eu une telle envie de pisser qu'il demande au chef des CRS à aller aux toilettes et que le chef accepte à condition qu'un CRS l'accompagne – demande : « Et il faut que je la lui tienne ? ». Pas d'autre nom pour tous ces CRS qui, en plus d'être les bras armés de notre « garde à vue » préventive, se permettent de ne pas la fermer et de ne pas faire leur boulot sans se foutre de notre gueule, sans rire de nos tenues vestimentaires, sans avoir des fous rires au moment de nos slogans…

La lecture de ce récit laisse sans doute dubitatif : et c'est tout ? Oui, c'est tout mais, objectivement, nous avons vécu une entrave forcée à notre droit de manifester. Et à notre droit individuel de circuler dans l'espace public. Est-ce légal ? Comme a dit un policier : « dans ces moment-là, vous savez, la loi… ». Nous discuterons de l'éventualité d'une plainte.

 Le plus important n'est pas là. Ce qui m'inquiète, c'est la lente préparation et maturation des CRS. Hier, leur mission était de (seulement) nous empêcher de manifester. Ils – faut-il préciser que 100% des CRS et des gros connards étaient des mecs – ont obéi. Ils ont souri pendant leur travail. Ils n'ont visiblement eu aucune empathie pour nous. Aucune inquiétude par rapport à la mission du jour : placer en « garde à vue » préventive à ciel ouvert 15 manifestant-e-s (pour un dispositif policier comptant plusieurs dizaines de camions de CRS) avant même qu'ils manifestent !

Un jour, quand un Pouvoir encore plus à droite demandera à ces CRS de monter d'un cran ou de plusieurs, cet ordre ne représentera pas grand-chose dans le continuum des trucs que Valls leur faisait faire. 

Et ça, ça me fait flipper.

lundi 30 décembre 2013

Flashball, peur et mutilation

TRIBUNE parue dans LIBERATION, le 23 décembre 2013


PAR CLÉMENT ALEXANDRE, FLORENT CASTINEIRA, JOAN CELSIS, JOHN DAVID, PIERRE DOUILLARD, JOACHIM GATTI ET SALIM
BLESSÉS ET MUTILÉS PAR LA POLICE FRANÇAISE


Nous avons en commun le fait d'avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flashball en pleine tête. Etre touché par une de ces armes, c'est s'effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d'interventions chirurgicales lourdes qui s'étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée, etc. Pour plusieurs d'entre nous, l'implant d'une prothèse a été nécessaire. Sans parler des migraines, des cauchemars et de la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostefa Ziani, est mort d'un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flashball peut donc tuer à bout portant et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c'est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu'elle a bien compris.

S'il n'existe aucune réparation possible, il est difficile de laisser le terrain libre à la violence policière. Plusieurs d'entre nous ont porté plainte contre l'auteur du tir. Sans succès. A Nantes, le policier qui a tiré sur Pierre Douillard en 2007 et dont l'identité est clairement établie bénéficie d'une relaxe : sa responsabilité ne peut être engagée puisqu'il a obéi à un ordre. A Toulouse par contre, pour Joan Celsis, blessé en 2009, le juge ordonne un non-lieu au motif cette fois que l'identité du tireur n'est pas établie. A Montreuil, pour Joachim Gatti, le procureur bloque le dossier depuis maintenant deux ans. Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette en effet que l'action de la police s'est affranchie du droit. Pour le flashball, les distances de sécurité et les zones autorisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense comme le prescrit pourtant la réglementation officielle.

Face aux limites du pénal, nous nous sommes lancés dans une nouvelle procédure. Clément Alexandre, le collectif Face aux armes de la police et leur avocat, Etienne Noel, ont déposé en octobre 2012 une requête au Tribunal administratif qui consiste à attaquer directement la responsabilité du préfet de police et plus seulement le policier qui tire en pleine tête, même si celui-ci mérite tout notre mépris. Pour la première fois, l'Etat a été condamné mercredi, le 18 décembre, à verser une indemnité et sa responsabilité est reconnue, tout comme le lien entre la blessure et le flash-ball. D'autres jugements sont attendus. Nous pensons que sur le terrain juridique, il est capital de multiplier ce type de riposte.

Toutes ces blessures rendent lisible la façon dont la police maintient l'ordre. Chaque fois derrière nos noms propres, il y a des complicités et des amitiés - souvent des luttes. A Nantes, des lycéens et des étudiants occupent un rectorat. A Toulouse, des dizaines d'étudiants sortent d'un Monoprix sans payer pour protester contre la précarité étudiante. A Montreuil, des habitants se rassemblent contre l'expulsion d'un squat. Et des lycéens bloquent leur établissement pour protester contre une énième réforme des retraites. A Notre-Dame-des-Landes, des milliers de personnes résistent à un projet d'aéroport : parmi les centaines de blessés, certains se retrouvent avec des bouts de métal sous la peau. A Strasbourg, des métallos manifestent contre ArcelorMittal. A Montpellier, c'est un groupe de supporteurs qui est visé. Dans les quartiers populaires, le flashball fait partie de la vie quotidienne et intervient systématiquement quand les habitants se révoltent contre la violence de la police. C'est le cas à Trappes pour Salim, qui cet été, a eu le malheur de se trouver à proximité du commissariat où des habitants protestent contre une arrestation musclée. Mais aussi à Montbéliard, Villemomble, etc.

Ce que la langue policière appelle littéralement «neutraliser une menace» désigne de toute évidence la nature réelle du flashball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C'est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c'est la méthode utilisée. Le flashball est le nom d'un nouveau dispositif politique qui repose sur la peur et la mutilation - en un mot la terreur. Il s'agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits en nous marquant dans notre chair et dans celles de nos amis. Présenté comme défensif, le flashball est clairement une arme offensive qui donne à nouveau à la police le pouvoir de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l'état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort. Mais la police doit être assurée de rester la plus forte pour que l'ordre soit maintenu.

Cette militarisation des opérations de police exprime la vérité d'une époque : le développement de ces armes depuis maintenant dix ans s'explique par le fait qu'elles ont manqué dans certaines émeutes. Qu'en Tunisie, une foule déterminée puisse faire tomber un gouvernement dont la longévité semblait assurée indique assez l'angoisse qui habite le pouvoir à tout moment. Le terrain d'intervention véritable du flashball, c'est la révolte.

En maintes occasions, la police se présente comme un obstacle - à nos mouvements, à nos désirs et à nos luttes. La question de savoir comment le défaire mériterait d'être prise au sérieux. Si les blessures se produisent toujours dans des moments de tension, se défendre et se protéger devient une question pratique dont la nécessité a pu être éprouvée en Grèce, comme à Notre-Dame-des-Landes où des boucliers sont apparus ; de la place Tahrir à la place Taksim, où des milliers de manifestants venaient casqués. Quand Michèle Alliot-Marie propose d'exporter le savoir-faire de la police française en Tunisie, nous pensons plutôt à importer la puissance des révolutions arabes.

C'est parce que nous demeurons attachés à nos luttes et à nos amitiés que nous ne nous laisserons pas terroriser par le flashball. Là où nous sommes attaqués, il y a à riposter collectivement pour être capable de penser et de contrer les pratiques policières. Et ça, on ne le fait pas dans l'enceinte d'un tribunal, mais on l'élabore avec tous ceux qui les subissent. Ici, comme ailleurs, ce qui relève du possible dépend d'un rapport de force. Nous lançons un appel à toutes les personnes blessées avec la certitude que nous avons plus à partager que nos blessures.

Pour Salim, ce sont ses proches qui signent la tribune.

Contact : http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com

mardi 12 novembre 2013

Campagne contre le fichage ADN
Manifestation à Nantes le samedi 30 novembre 2013


Un nouveau procès en appel pour refus de prélèvement ADN s’ouvrira le 3 décembre à Rennes. R, militant contre l'aéroport de NDDL et son monde, avait été arrêté lors d'une action collective. Il risque aujourd'hui un an de prison et 15 000 euros d’amende pour avoir refusé de donner son ADN lors de sa GAV. C'est une personne de plus dans la longue liste des opposant-es au fichage, inquiétés pour avoir refusé la prise ADN.

A ce jour on estime que plus de 2 millions de Français-es ont fait l’objet d’un prélèvement ADN durant leur garde à vue ou leur détention même pour des faits bénins. Le Fichier des empreintes génétiques (FNAEG) permet actuellement de collecter des informations personnelles sur 30 000 nouvelles personnes par mois.

Les procès intentés à des militant-e-s aujourd'hui ne sont que la face visible de l’iceberg de la répression, puisque le fichage ADN est devenu quasi-systématique lors des gardes à vue. De plus, il arrive que les personnes se fasse prendre leur ADN à leur insu ou sous la menace, sans que les policiers les informent des possibilités de refus.

Si le prélèvement suppose en principe l’accord du mis cause, de fait, refuser représente aussi un délit permanent et la personne qui refuse peut se voir harcelée indéfiniment par la justice. C'est la situation de R aujourd'hui. Le prélèvement concerne aujourd’hui toute personne simplement soupçonnée d’à peu près n’importe quel délit. En clair, l’existence du FNAEG revient à une volonté de fichage généralisé et systématique de toute la population, il entre dans la logique de contrôle social et d’inflation sécuritaire qui envahit de plus en plus nos sociétés. l’ADN est de fait un outil effroyablement puissant pour surveiller les individus, avec la conservation des données pendant 40 ans.

Comme la vidéosurveillance, la biométrie, les fichiers divers, le fichage ADN s’inscrit dans une logique globale de contrôle des populations considérées "dangereuses" par le pouvoir (jeunes des banlieues pauvres, étudiant-e-s et lycéen-ne-s "agité-e-s", chômeu-rs-ses, sans-papiers, militantes, squatter-euses, grévistes, etc.). Cette logique de contrôle et de fichage de la population contient intrinsèquement les germes d’une société totalitaire et compromet un peu plus notre aptitude à nous organiser pour un changement social.

C'est parce que nous sommes tous et toutes en butte à la répression que des collectifs* de Nantes appellent à se solidariser avec les réfractaires au fichage par une semaine d'information et d'actions contre le fichage ADN du 25 novembre au 1er décembre.

REFUSONS LE FICHAGE ADN

ABOLITION DU FNAEG

RELAXE POUR TOUS ET TOUTES

 

* CARILA, Natchav, CNCA (Comité Nantais Contre l'Aéroport), Assemblée anti-nucléaire et anti-THT du Grand Ouest, CLAP 33 (Collectif de Lutte contre les Abus Policiers), OPA (Orchestre Poétique d'avant-guerre), DAL 44 (Droit Au Logement), Témoins (Caisse de solidarité de Lyon)....

contact : legalteamzad [A] riseup [point] net 


Résistons Ensemble n° 124, novembre 2013



Voici en pdf, le No 124, NOVEMBRE 2013, du petit journal mobile
recto-verso A4

"RESISTONS ENSEMBLE » 
du réseau contre les violences policières et sécuritaires.

Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa
rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de réaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article531

ou sur ce site ici :


sommaire
' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' '

  > « Ni oubli ni pardon »

  > [ S U R L E V I F ]
     • Au Petit-Bard, la brutalité d'une expulsion locative

  > [ C H R O N I Q U E D E L ' A R B I T R A I R E ]
     • Liberté pour Georges Abdallah !
     • « Sale macaque », crachats et tirs de flashball à Garges-lès-Gonesse (95)
    •  Mort après une décharge de Taser
    • À Paris, la police « encage »

  > [ S A N S P A P I E R S N I F R O N T I È R E S ]
    •  Aux damnés des frontières
    • Europe : les meurtriers hypocrites versent des larmes de plomb
    •  Pas d'expulsion !
    •  La solidarité = un délit et la délation = un devoir ?
     • La boucle sans fin

  > [ A G I R ]
     • Lille : Dans le cadre de « semaine pour l'égalité et contre le racisme »
     • « Mes gênes m'appartiennent »-procès pour refus ADN de Rodolph.





samedi 2 novembre 2013

procès refus ADN en Appel à Rennes

Mes gênes m'appartiennent

- procès en appel à Rennes -


Je suis convoqué mardi 03 décembre 2013 à 14h à la cours d'appel de Rennes pour refus de prélèvement ADN. J'ai participé en 2009 à une action collective contre des forages géotechniques du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

Arrêté et jugé une première fois pour refus de prélèvement ADN (2 mois de prisons avec sursis requalifié en appel à 500 euros d'amende avec sursis), la justice est revenue à la charge en 2012 pour me le redemander ; car refuser le don d'ADN s'avère être une peine perpétuelle. Pour mon nouveau refus, j'ai en première instance pris un mois de prison avec sursis... et j'ai fait appel de cette décision.

Mais je suis également convoqué pour une autre affaire en lien avec l'opposition au projet d'aéroport. En effet en novembre 2011 j'ai reconduit sans violence avec d'autres personnes un policier en civil hors de la manifestation tracto-vélo à Notre Dame des Landes. J'ai été jugé à Saint Nazaire pour outrage et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et... refus de prélèvement ADN. 
Le rendu du tribunal fut de 12 mois de prison avec sursis pour violence en récidive (la première fois étant dû à une tarte à la crème sur un politicien local) et deux mois de prison avec sursis pour le refus de prélèvement ADN.

Ayant aussi fait appel de cette décision la cour d'appel de Rennes juge donc le même jour les deux affaires... La justice ne s'acharnerait-elle pas sur un militant anti-aéroport ?
 
Comme beaucoup d'autres personnes jamais je ne donnerai mon ADN car mes gênes m'appartiennent. Ils ne sont la propriété ni de la science, ni de la police, ni de la justice. En créant le FNAEG (fichier national automatisé d'empreintes génétiques) l'état fabrique un outil puissant de contrôle social où déjà 2 millions d'individuEs sont prisonnierEs pour 40 ans. Tout ça pour une utilisation empirique, hasardeuse, en tout cas répressive ce qui est insoutenable, invraisemblable, insupportable aux yeux du plus grand nombre.

Ils veulent capturer nos gênes pour mieux contrôler nos vies. Pour mieux nous soumettre à leur meilleur des mondes.

Non au fichage ADN et au monde qui va avec ! Non à l'aéroport !

Je vous invite à relayer l'information et à vous organiser le 03 décembre (et/ou d'autres jours) contre cette violation de l'individuEs qu'est le fichage ADN.

Rodolph B.


vendredi 11 octobre 2013

Flash-ball : Témoignage de Pierre délibéré de la cour d'appel de Rennes

Pierre a été Blessé en 2007 par un tir de Flash-Ball (LDB) lors d'une manifestation devant le rectorat de Nantes. En 2012 le tireur a été relaxé par le tribunal de Nantes. La cour d'appel de Rennes vient de rendre son verdict au cours d'un délibéré dont Pierre nous fait le récit ci dessous.

Communiqué

Rennes 11 octobre 2013 : parodie de Justice, dernier épisode
Non-récit du délibéré du procès en appel
Vendredi 11 octobre, 8 heures,

De grosses gouttes et pluie et un vent glacial nous accueillent dans la Métropole Rennaise. 
Déjà l'automne.
C'est le sixième automne depuis que j'ai été touché de plein fouet au milieu d'une foule de manifestants lycéens : un policier cagoulé avait ajusté le canon de sa nouvelle arme sur mon visage. C'était en 2007. J'avais 16 ans.
Le tireur, Matthieu Léglise est un récidiviste, il s'était porté volontaire pour tester le LBD alors en expérimentation. Un de ses terrains d'expérience : les cortèges de lycéens.
Matthieu Léglise avait continué à parader en uniforme, armé, dans les rues nantaises les mois et les années qui ont suivi. Faire comparaître ce policier au bout de plusieurs années est déjà le fruit d'un combat âpre, de longue haleine. Je me heurtais au mur kafkaïen de l'État français, autrement plus armé, solide et organisé que moi.
En mars 2012, le tribunal de Nantes, noir, lugubre, pris en étau par une multitude de fourgons bleus, avait prononcé la relaxe du policier tireur.
« Il n'avait fait qu'obéir aux ordres »
Nous avons fait appel contre cette carte blanche qu'un Juge nantais avait offerte à toutes les polices pour mutiler en toute impunité. Offrant une jurisprudence favorable pour tireurs au flashball. Plus d'un an plus tard, en juin 2013, je plaidais sans intermédiaire, face aux magistrats de la Cour d'Appel de Rennes. Je rappelais que la police avait menti à d'innombrables reprises, détruit des éléments du dossier (Procès verbaux de tirs, films policiers au moment des tirs), mais que mon cas n'était pas isolé. Il faisait partie d'un tout, d'une offensive sécuritaire de militarisation des policiers, d'impunité garantie. Plusieurs dizaines de personnes ont été gravement blessées ou tuées depuis ma blessure en 2007.
Cette Cour sera-t-elle moins soumise à la terreur qu'exerce la police nantaise ?
Le délibéré est alors annoncé pour octobre 2013.
« On est dans un État de Droit »
C'est l'argument éructé par un uniforme pour justifier le barrage policier mis en place par ses collègues pour nous empêcher -moi, mes amis, la LDH partie civile- d'assister au délibéré de l'affaire. Je découvre une curiosité dont je n'avais encore jamais entendu parler : le délibéré à huis clos, où l'on empêche aux plaignants d'assister aux audiences qui les concernent. Le Juge rennais rend un délibéré clandestin. Et tout cela, au nom du Droit. Les policiers prétendent qu'il n'y a pas de place, comme ils l'avaient déjà prétendu aux audiences qui avaient précédé : ils mentent. Ils font entrer devant nous plusieurs personnes, tout en nous bloquant. Les journalistes ont eu -pour certains- plus d'informations que je n'ai pu en avoir sur ma propre affaire.
« J'en ai rien à foutre »
Ajoute le même policier quand je le préviens que je ferai connaître cette nouvelle mascarade judiciaire, l'intimidation, le mépris que nous sommes en train de subir.
De toute évidence, des ordres ont été donnés : filtrer les gêneurs. Les autres peuvent rentrer, pas nous. Nous sommes bloqués devant le portique de sécurité du Tribunal par les forces de l'Ordre.
Je pouvais raisonnablement m'attendre à la lâche décision de confirmer la relaxe du tireur. Je n'avais par contre pas imaginé que les magistrats aient besoin d'un rideau de policiers pour éviter qu'un plaignant assiste à la décision qui le concerne.
Un policier lève son majeur en notre direction. Ses collègues sont hilares. Jusqu'au bout, sur le fond comme sur la forme : pathétiques.
« La Cour d'Appel a confirmé la relaxe totale de Mathieu Léglise»
C'est finalement une secrétaire qui me le confirme alors que j'ai du forcer le portique pour pouvoir obtenir l'amorce d'une information. Il est maintenant près de 10 heures, les délibérés ont été lus depuis longtemps. L'argumentaire du Juge ne me sera pas donné ce jour, j'ai raté le délibéré pour des « raisons de sécurité ».
Jusqu'au bout le cynisme, l'humiliation l'impunité policière règnent. Une énorme machine essaie de détruire une deuxième fois ceux qui tentent de survivre aux violences infligées par les forces de l'Ordre.
On retrouve les mêmes pratiques, les mêmes mensonges, les mêmes intimidations dans les différentes affaires de flashball -et de violences policières au sens large-. C'est le blessé qui se retrouve jugé, accusé. C'est la double peine. Il faut garder la tête haute. Sans illusion.
La police sarkozyste m'a mutilé. La Justice socialiste confirme aujourd'hui la relaxe du policier tireur. Entretemps, les ministres de l'intérieur successifs ont offert des centaines de ces « armes à feu à usage militaire » -selon la terminologie officielle qui catégorise ces objets- que sont les LBD. Les mutilés se sont multipliés.
Ce combat continue au Tribunal Administratif pour faire condamner la chaîne de commandement du policier, l'État qui a armé le tireur. Ce dernier ne sera pas inquiété. C'est une page qui se tourne.
Une pensée pour tou-te-s les blessé-e-s par les armes de la police. Le dernier -à ma connaissance- : Salim, 14 ans, à Trappes cet été.
Ni oubli, ni pardon,
Pierre